Non je ne suis pas (encore) mort ! C'est simplement qu'entre temps je suis allé voir Kraftwerk près de Hambourg dans ce qui aura été une nuit épique. Deuxièmement que je me suis déplacé en TGV vers Paris et que le wifi est rare et très lent et instable. Pour le "trou" qui manque à ce blog, je vous invite à consulter celui de Benoit (http://suivezben.blogspot.com), notamment concernant notre visite d'un camp de concentration en Allemagne. Tout va bien donc, mais les journées sont chargées et donc peu de temps pour rester devant un ordinateur !
Aujourd'hui j'ai visité la tour Eiffel, ce qu'on doit donc au moins faire une fois. La file est interminable mais le résultat est quand même satisfaisant.
Ensuite j'ai marché sur les champs Élysées jusqu'à la place de la Concorde. C'est sur cette même place qu'a eu lieu le tout premier concert de Jean-Michel Jarre en 1978, mon idole de toujours comme vous le savez tous. C'était donc un moment tout spécial pour moi d'enfin voir cet endroit de mes propres yeux.
Demain je devrais continuer mon pélerinage JMJ et aller à la Défense, le quartier des affaires avec sa grande arche, une architecture d'avant garde que j'adore, lieu du plus grand concert de JMJ encore une fois :)
Je vous laisse (et si le sans fil pourri me permet de poster cet article) sur un texte que j'ai écrit pour Pieuvre.ca, dans le TGV Hambourg-Paris concernant mon expérience au Hurricane Festival où j'aurai vu Kraftwerk pour la deuxième (et surement) la dernière fois de ma vie.
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Les mythiques inventeurs de la musique électronique, le groupe allemand Kraftwerk, ainsi que Moby et Franz Ferdinand se produisaient le 19 juin dernier au festival Hurricane, en banlieue éloignée de Hambourg en Allemagne. Xavier Proulx, de La Pieuvre y assistait et nous raconte son expérience à la manière d'un journal de bord – le présent récit étant d'ailleurs écrit dans le TGV Hambourg-Paris.
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Par un hasard de la vie c'est à Scheßel en Allemagne que je vit Kraftwerk pour la deuxième et probablement la dernière fois de ma vie. C'est que ce groupe peut se targuer d'avoir droit au crédit plutôt restreint d'avoir inventé la musique électronique, rien de moins. Leur prestations sont rarissimes et sont courues dans le monde entier. Leur dernier passage à Montréal remonte au printemps 2004 et c'était fort probablement leur dernier. Là où dans un Métropolis bondé j'aurai vu la magie s'opérer pour la première fois. C'est qu'il faut comprendre que Kraftwerk est avant tout une pièce d'antologie, une oeuvre de musée, où le spectacteur curieux observe ces (vieux) énergumènes du bidouillage sonore, véritables chirurgiens du son. Ainsi Kraftwerk conserve aujourd'hui sa notoriété pour l'aspect historique de ses compositions. Leur single Trans Europe Express est par ailleurs devenu la pièce la plus samplée de l'histoire de la musique. On se rend donc dans un concert de Kraftwerk pour observer l'histoire se dérouler devant nos yeux que par un goût pour des compositions musicales de grande complexité.
À sa manière, Kraftwerk prit position envers la musique électronique d'une façon totalement Allemande. Kraftwerk ou « centrale électrique » en Français, c'est faire l'apologie de la machine qui produit les sons plutôt que le cerveau humain qui se cache derrière les compositions. C'est donner toute la place à la technique, dans une perspective chirurgicale, épurée, clinique. Les membres du groupe n'hésitent d'ailleurs pas à se faire tout petit derrière les projections géantes et leur ordinateurs portable. Un laconique « danke schön, guten nacht » termine chacune de leur prestation. Et ce sont là les seuls paroles d'origine humaine que le spectateur n'entendra jamais d'eux. L'Homme et la machine.
C'est à Scheßel, au Hurricane Festival, en pleine campagne Allemande, que Kraftwerk se produisait vendredi dernier. L'équivalent de Woodstock en Beauce. Les tentes de camping se dressent à l'infini devant mes yeux. Il fait froid, le vent faisant tourner les éoliennes avoisinantes. Après la pluie et la boue, le beau temps ; les étoiles étaient prêtes pour Kraftwerk. À 10 mètres devant moi, pour une deuxième fois, je suis témoins du même spectacle. Et un spectacle miraculeux, Il ne reste qu'un membre original du groupe, Ralph Utter, le leader et « chanteur ». Après le départ de Florian Schieneder, le deuxième pilier du groupe, on avait craint le pire. Il aura été finalement remplacé, Kraftwerk reste encore un quatuor, mais pour combien de temps ?
Les projections et l'ordre des pistes n'ont pas changé depuis la dernière fois. Le son reste cristallin, mixé devant nos yeux par les plus grand puristes du son de l'Europe. Ce dernier ne peut qu'être excellent. Le Trans Europa Express surgit derrière les sillouhettes humaines, controllant leur petits synthétiseurs portatif de deux octaves et leur ordinateurs. Ralph Utter chante les vieux tubes en allemand plutôt qu'en anglais, soulignant de nouveau le surréalisme de se trouver à un endroit pareil. La foule les adule devant « Das Model » et « Autobahn ». C'est finalement vêtus de leurs habits de lumière qu'ils quitteront la scène un par un, saluant la foule les uns après les autres.
Comment Kraftwerk est-il considéré en Allemagne ? Je pose la question à un spectateur allemand à mes côtés. Il commence par m'apostropher joyeusement, me demandant où ais-je trouvé le t-shirt de Kraftwerk que je porte ce soir là. Il est sans voix quand il apprend mon pays d'origine. On en beurre épais: « Oui je suis venu expressément du Canada pour voir Kraftwerk ». Devant ces paroles, il pouffe de rire. Quand je lui demande pourquoi il rit, il m'explique sa réaction:
« Kraftwerk en Allemagne est surtout connu pour des raisons historiques. C'est les années 70 et 80, soit des gens qui ne fréquentent pas forcément les festivals de musique encore aujourd'hui. Les gens viennent voir Kraftwerk par curiosité, pour eux ce sont quatre énergumènes tout droit sortis de la jeunesse de leur parents ». Venir du Canada pour « ça » lui apparaît un geste complètement cinglé. Il aura de quoi raconter à ses collègues de bureau lundi matin.
Au bas mot, j'aurai vu l'histoire de ma musique préféré, l'électro, se dérouler devant mes yeux, et qui sait, peut-être une des dernière prestation de Kraftwerk et de son leader vieillissant. À revoir une dernière fois à Montréal ? On peut toujours rêver...
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Le prochain album de Moby est prévu pour le 30 juin prochain, Si certaines pièces ont jusqu'à maintenant filtrés par le blogue officiel du plus célèbre DJ chauve à lunettes, il était encore difficile de se faire une idée de la qualité de ce nouveau disque, surtout après le très décevant Last Night. Qu'à cela ne tienne, c'est avec joie que l'on constate que Moby a délaissé sa formule de « DJ set » pour revenir au format standard d'un véritable concert, avec chanteurs invités, violonistes et sa fameuse guitare électrique. Lors de son passage au Hurricane Festival en Allemagne, Moby a offert une performance d'une exceptionnelle qualité, qui donne un excellent avant goût de sa prochaine tournée nord-américaine. Les pièces tirées de son prochain album Wait for Me semblent en tout point excellentes, du même calibre que l'exceptionnel album Hotel paru en 2004. C'était également le lieux d'une rencontre sans doute mémorable pour le DJ qui présentait son concert juste avant Kraftwerk. Moby termina sa prestation par les mots suivants: « It's an honor for me to say this, but please stick around to see Kraftwerk ».
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Ce Hurricane Festival était aussi l'occasion de voir la tournée de Franz Ferdinand avant tout le monde. L'énergique formation qui réinventa le britpop a fourni une prestation énergique bien qu'un peu linéaire. Preuve que la musique transcende toute les langues, la foule se bousculait avec une énergie toute indie. Nouvelle coutume de la foule allemande: s'accroupir par terre pour ensuite se relever et pouvoir sauter plus haut en dansant. Le charismatique chanteur du groupe allait même jusqu'à gratter sa guitare avec une botte de pluie. Aucun des grand classiques du groupe n'a été oublié, même si l'ensemble de la prestation semblait fade et légèrement « sur le pilote automatique ». Franz Ferdinand ne reste pas moins un monument ainsi qu'un concert que l'on vit.

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